· 29 min de lecture · mis à jour le 4 octobre 2026

Quel poisson acheter ? Labels, mercure, élevage et surpêche

Introduction Le poisson est présenté comme l’aliment santé par excellence, mais l’étal envoie des signaux contradictoires : teneurs en mercure, élevages intensifs, stocks effondrés. Ce guide tranche entre ce que les labels garantissent vraiment et ce qu’ils laissent de côté, espèce par espèce. Il couvre l’étiquetage obligatoire, les contaminants, la nutrition, les différences entre élevage et pêche sauvage, l’état des ressources et les techniques de pêche.

Le marché du poisson en France : chiffres clés

Étal de poissonnerie avec poissons entiers présentés sur glace pilée
Sur un étal, la même espèce peut provenir d’un chalutier de haute mer, d’un fileyeur côtier ou d’une cage d’élevage. Rien ne le signale au premier regard : seule l’étiquette obligatoire fait la différence.

Le poisson occupe une place à part dans l’alimentation française. Il est à la fois recommandé par les autorités sanitaires, associé à une image de produit naturel, et vendu sous des formes qui n’ont plus grand-chose de commun : filet surgelé, conserve, portion élaborée, poisson entier en poissonnerie. Ces circuits ne répondent ni aux mêmes contraintes ni aux mêmes réglementations.

Dépenses des ménages en produits aquatiques par présentation (2024)
  • Produits frais, traiteur à la coupe compris 37 %
  • Produits traiteurs réfrigérés 33 %
  • Produits surgelés 15 %
  • Conserves 15 %

Le rayon frais ne capte qu’un peu plus du tiers du budget : l’essentiel part vers des produits surgelés, appertisés ou élaborés, dont tous ne portent pas les mentions d’origine détaillées.

Source : FranceAgriMer d’après Kantar Worldpanel, Chiffres-clés des filières pêche et aquaculture en France en 2024, édition septembre 2025, données 2024.

Deux grandes origines coexistent : la pêche, qui prélève une ressource sauvage dont le renouvellement dépend de l’état des stocks, et l’aquaculture, qui produit un animal élevé selon un cahier des charges. La part de l’élevage dans l’offre a beaucoup progressé, en France comme ailleurs, pour quelques espèces devenues des standards : saumon, truite, bar, daurade. À l’échelle mondiale, l’aquaculture fournit désormais 53 % des animaux aquatiques produits, et c’est d’elle que vient la quasi-totalité de la croissance depuis la fin des années 1980, les captures sauvages plafonnant depuis.

Répartition de la consommation française de produits aquatiques (2023)
  • Poissons de pêche 58 %
  • Coquillages et crustacés d’élevage 16 %
  • Poissons d’élevage 15 %
  • Coquillages, crustacés et céphalopodes de pêche 11 %

Sauvage et élevage se partagent l’assiette française à peu près deux tiers contre un tiers, et le poisson de pêche y représente près de six portions sur dix, pour 30,8 kg par habitant et par an en équivalent poids vif.

Source : FranceAgriMer, Chiffres-clés des filières pêche et aquaculture en France en 2024, édition septembre 2025, données 2023.

Une part importante du poisson consommé en France est importée, et une part de la production nationale part à l’export. L’espèce vendue et l’espèce pêchée dans les eaux françaises ne se recouvrent donc pas. C’est ce qui explique qu’un poisson vendu comme banal puisse venir de l’autre bout de l’Atlantique, ou du Pacifique.

Origine des produits aquatiques mis sur le marché français (2023)

73,5 % Importations

26,5 % Production française

Près des trois quarts des produits aquatiques mis sur le marché français sont importés : 1 818 milliers de tonnes en équivalent poids vif, contre 657 produites en France. Une partie repart ensuite à l’export, 410 milliers de tonnes, sans que la statistique distingue ce qui vient de la production nationale de ce qui est réexporté.

Source : FranceAgriMer, Chiffres-clés des filières pêche et aquaculture en France en 2024, édition septembre 2025, données 2023.

📌 Poisson frais, surgelé, en conserve : le même produit ? Nutritionnellement, la surgélation à bord conserve très bien les qualités du poisson : elle intervient parfois quelques heures après la capture, quand un poisson dit frais peut avoir plusieurs jours. La conserve, elle, modifie la texture et la teneur en sel, mais préserve l’essentiel des acides gras et rend les arêtes des petits poissons consommables, ce qui apporte du calcium. Le poisson pané et les produits élaborés sont une autre catégorie : la part réelle de poisson y varie fortement, et la liste d’ingrédients est le seul moyen de la connaître.

🍃 Conclusion Sous un même mot, l’étal réunit des filières sans point commun. L’étiquette obligatoire est le premier endroit où ces différences deviennent lisibles.

Source : FranceAgriMer, Chiffres-clés des filières pêche et aquaculture en France en 2024 (données 2023 et 2024) ; FAO, The State of World Fisheries and Aquaculture 2026 ; Ifremer ; règlement (UE) n° 1379/2013

Étiquetage du poisson : ce que la loi impose

Le poisson est l’un des produits alimentaires les mieux encadrés en matière d’information. Le règlement (UE) n° 1379/2013 impose, pour les produits non transformés vendus au détail, une série de mentions obligatoires que le vendeur ne peut pas omettre, y compris sur un étal de marché.

Étiquette de poisson frais indiquant espèce, nom scientifique, zone de capture et engin de pêche
Dénomination, nom latin, mode de production, zone et engin : les mentions obligatoires tiennent sur quelques centimètres. Seul le nom scientifique identifie l’espèce sans ambiguïté.
Les mentions obligatoires sur un poisson non transformé
  • La dénomination commerciale de l’espèce, dans la langue du pays de vente.
  • Le nom scientifique de l’espèce, en latin, qui lève toute ambiguïté entre poissons vendus sous un nom voisin.
  • La méthode de production : capturé en mer, capturé en eaux douces, ou élevé.
  • La zone de capture pour un poisson sauvage, ou le pays d’élevage pour un poisson d’aquaculture.
  • La catégorie d’engin de pêche utilisé, pour les produits capturés.
  • La mention indiquant que le produit a été décongelé, lorsque c’est le cas.

Le nom scientifique est la mention la plus utile et la moins regardée. Des espèces très différentes par leur prix, leur goût et leur état de conservation circulent sous des dénominations commerciales proches. Le latin tranche : il désigne une espèce et une seule, là où le nom courant peut en couvrir plusieurs, avec des variations régionales.

La zone de capture est indiquée par une grande zone de pêche, parfois complétée d’une sous-zone. Elle relève de la traçabilité : deux poissons venus de la même zone peuvent appartenir à des stocks dont l’un est exploité durablement et l’autre surexploité. Pour connaître l’état de la population, il faut se reporter aux avis scientifiques publiés chaque année.

📌 Les mentions obligatoires disparaissent dès que le produit est transformé L’obligation d’afficher le nom scientifique, la zone de capture et l’engin de pêche porte sur les produits non transformés. Un poisson pané, une terrine, un plat cuisiné ou une soupe relèvent des règles générales d’étiquetage des denrées alimentaires : la dénomination de l’espèce et la liste d’ingrédients y figurent, mais pas nécessairement le détail de l’origine. C’est une différence considérable entre un filet de cabillaud vendu au rayon poissonnerie et le même cabillaud vendu pané.

🍃 Conclusion L’étiquette obligatoire renseigne l’origine et le mode de production du poisson. La qualité de cette production relève d’une autre famille de repères, les labels.

Source : Règlement (UE) n° 1379/2013 ; règlement (UE) n° 1169/2011 ; DGCCRF

Labels du poisson : Label Rouge, bio, MSC, ASC

Les labels répondent chacun à une question précise, et une seule : la qualité gustative, le mode de production biologique, la gestion de la ressource sauvage, ou les conditions d’élevage. Les confondre conduit à prêter à un logo des garanties qu’il n’a jamais revendiquées.

Label Rouge

Le Label Rouge est un signe officiel français de qualité supérieure, contrôlé par les pouvoirs publics via l’INAO. Il porte sur la qualité gustative du produit fini, démontrée par des tests sensoriels comparatifs face à un produit courant. Appliqué au poisson, il concerne aussi bien des espèces d’élevage, comme le saumon, la truite ou le bar, que certains produits transformés comme le saumon fumé.

Ses cahiers des charges encadrent des paramètres liés au goût et à la texture : densité d’élevage plus faible que la moyenne du secteur, composition de l’aliment, durée d’élevage, conditions d’abattage et de mise à mort, délai entre la sortie de l’eau et la mise en vente. Son périmètre s’arrête là : l’état des stocks sauvages et l’empreinte environnementale de la production sortent de son cahier des charges.

Agriculture biologique (AB)

L’aquaculture biologique est encadrée par le règlement (UE) 2018/848 et ses règles d’application. Il impose des densités d’élevage plafonnées, l’interdiction des organismes génétiquement modifiés dans l’alimentation, l’usage très restreint des traitements chimiques de synthèse, et une alimentation dont la part végétale doit être issue de l’agriculture biologique et la part marine provenir de pêcheries encadrées ou de coproduits.

Le bio ne s’applique qu’à l’élevage. Un poisson sauvage ne peut pas être certifié biologique, puisqu’aucun cahier des charges ne peut s’appliquer à un animal dont personne ne maîtrise l’alimentation ni le milieu. Un « cabillaud bio » n’existe donc pas ; un saumon, une truite ou une daurade bio, oui.

MSC, le label des pêcheries sauvages

Le Marine Stewardship Council est une certification privée, portée par une organisation non gouvernementale, qui s’applique à une pêcherie et non à une espèce. Elle évalue trois volets : l’état du stock exploité, l’impact de la pêche sur l’écosystème, et la qualité du système de gestion. Un même poisson peut donc être certifié quand il provient d’une pêcherie évaluée, et ne pas l’être quand il vient d’une autre.

Le label est régulièrement critiqué, notamment sur le niveau d’exigence appliqué à certaines pêcheries et sur le traitement des captures accessoires. C’est, en pratique, le repère le plus répandu en grande distribution sur la question de la ressource, et le plus largement diffusé sur du poisson sauvage.

ASC, le pendant pour l’aquaculture

L’Aquaculture Stewardship Council certifie des fermes aquacoles selon des critères portant sur les rejets dans le milieu, l’usage d’antibiotiques, l’origine des aliments et les conditions de travail. Comme le MSC, c’est une certification privée : elle ne relève pas des signes officiels de qualité et n’est pas contrôlée par les pouvoirs publics.

Ses exigences sur les traitements vétérinaires sont plus strictes que la réglementation générale, sans atteindre le niveau du bio. Elle constitue un repère intermédiaire, souvent la principale alternative sur des espèces où l’offre biologique reste marginale.

📌 Pavillon France garantit l’origine française du navire Le logo Pavillon France signale un produit issu de navires battant pavillon français, débarqué et commercialisé selon les règles françaises et européennes. C’est une garantie d’origine et de traçabilité, utile pour situer une filière et son cadre social. La qualité gustative et l’état du stock exploité sortent de son périmètre : un poisson français peut provenir d’une population en mauvais état, comme un poisson importé peut venir d’une pêcherie bien gérée.

Label Rouge, bio, MSC, ASC : ce que couvre chaque label
CritèreLabel RougeBio (AB)MSCASC
Naturesigne officiel de qualitésigne officiel de qualitécertification privéecertification privée
Contrôleorganisme certificateur agrééorganisme certificateur agrééauditeur indépendant accréditéauditeur indépendant accrédité
Poissons concernésélevage et produits transformésélevage uniquementpêche sauvage uniquementélevage uniquement
Objet principalgoût supérieur, testé face à un produit courantmode de production encadréétat du stock et gestion de la pêcherieimpacts de la ferme sur son milieu
Alimentencadré ; saumon : 49 % d’ingrédients marins au minimumvégétal bio, marin issu de pêcheries encadrées ou de coproduitssans objetpart de poisson sauvage plafonnée
Traitements vétérinairessaumon : aucun antibiotique préventifnombre de traitements limitésans objetnombre de traitements antibiotiques plafonné
État des stocks sauvagesnon évaluénon évaluécœur du labelvia l’origine de l’aliment

Chaque label répond à une question que les autres laissent ouverte : le goût pour le Label Rouge, le mode d’élevage pour le bio, l’état du stock pour le MSC, les rejets de la ferme pour l’ASC.

Source : INAO, cahier des charges Label Rouge LA 33/90 « Saumon frais » ; règlement (UE) 2018/848 ; référentiel MSC des pêcheries ; ASC, Salmon and Cod Standard v1.5, octobre 2025

🍃 Conclusion La contamination chimique du poisson échappe à ces quatre logos. Elle se joue dans la biologie de l’espèce elle-même.

Source : INAO ; cahier des charges Label Rouge LA 33/90 ; règlement (UE) 2018/848 ; référentiels MSC et ASC ; France Filière Pêche

Poisson d’élevage ou sauvage : quelles différences

L’opposition entre élevage et sauvage se réduit souvent à un jugement de valeur, le sauvage étant supposé meilleur par nature. Les deux modes de production ont chacun leurs points forts et leurs angles morts, sur des critères qui ne se recouvrent pas.

L’élevage offre une régularité que la pêche ne peut pas donner : taille homogène, disponibilité toute l’année, traçabilité complète depuis l’écloserie, et absence de prélèvement direct sur une population sauvage. Il permet aussi de connaître précisément ce que l’animal a mangé, ce qui est impossible pour un poisson capturé en mer.

L’élevage a deux coûts propres. La densité favorise les parasites et les maladies, ce qui appelle des traitements. L’aliment des poissons carnivores contient par ailleurs une part de farines et d’huiles de poisson prélevées sur d’autres espèces marines : élever un prédateur déplace la pression sur la ressource sauvage au lieu de la supprimer.

L’alimentation des poissons d’élevage

La composition des aliments aquacoles a beaucoup évolué. La part de farines et d’huiles marines a été réduite au profit d’ingrédients végétaux, colza, soja, blé, et de coproduits issus de la transformation du poisson. Cette évolution allège la pression sur les petits pélagiques, mais elle a une conséquence directe sur le produit final.

Les acides gras oméga-3 à longue chaîne, ceux que l’on recherche dans le poisson gras, ne sont pas fabriqués par le poisson : il les tire de son alimentation. Remplacer l’huile de poisson par de l’huile végétale modifie donc le profil du filet. Sur le saumon d’élevage écossais, la teneur en EPA et DHA est passée de 2,74 g pour 100 g en 2006 à 1,36 g en 2015, au rythme du recul de l’huile de poisson dans l’aliment.

Oméga-3 marins du saumon selon le mode d’élevage

g d’EPA + DHA pour 100 g de filet cru

  • Saumon d’élevage biologique, Norvège 1,72
  • Saumon d’élevage, moyenne française 1,5
  • Saumon sauvage 1,44
  • Saumon d’élevage conventionnel, Norvège 1,16

L’écart entre deux élevages dépasse celui qui sépare l’élevage de la pêche : la formule de l’aliment pèse plus lourd que le mode de production. Les teneurs du saumon Label Rouge et du saumon ASC, elles, ne sont pas mesurées publiquement.

Source : Anses, table de composition nutritionnelle Ciqual 2025 ; Esaiassen M. et al., « Nutritional value and storage stability in commercially produced organically and conventionally farmed Atlantic salmon », Applied Food Research, 2022, 40 saumons biologiques et 39 conventionnels
Gras, oméga-3 et rapport oméga-3 / oméga-6 du saumon
Type de saumonLipides (g/100 g)EPA + DHA (g/100 g)Oméga-3 / oméga-6Relevé
Sauvage9,21,44n.d.Ciqual 2025
Élevage, moyenne française12,41,501,6Ciqual 2025
Élevage conventionnel, Norvège16,91,161,0Esaiassen 2022
Élevage biologique, Norvège13,41,721,4Esaiassen 2022

Le rapport entre oméga-3 et oméga-6 suit la part d’huile marine dans l’aliment : 1,4 pour le saumon biologique norvégien contre 1,0 pour son équivalent conventionnel, dans un filet pourtant moins gras. Les tables ne publient pas les oméga-6 du saumon sauvage.

Source : Anses, table de composition nutritionnelle Ciqual 2025 ; Esaiassen M. et al., « Nutritional value and storage stability in commercially produced organically and conventionally farmed Atlantic salmon », Applied Food Research, 2022, 40 saumons biologiques et 39 conventionnels

Antibiotiques, antiparasitaires et traitements

Les traitements vétérinaires en aquaculture répondent à deux problèmes distincts. Les infections bactériennes relèvent des antibiotiques, dont l’usage a fortement reculé dans plusieurs filières grâce à la vaccination systématique des juvéniles, en particulier chez le saumon. Les parasites externes, notamment le pou du poisson chez le saumon, appellent d’autres réponses : traitements antiparasitaires, traitements physiques, ou poissons nettoyeurs élevés à cette fin.

Un délai d’attente sépare l’administration d’un médicament vétérinaire de la mise sur le marché. Chez les poissons, il ne se compte pas en jours mais en degrés-jours, car l’élimination du produit dépend de la température de l’eau : la même attente dure mécaniquement deux fois plus longtemps dans une eau à 7 °C que dans une eau à 14 °C. Les plans de contrôle officiels recherchent ensuite les résidus dans les produits mis en vente. Sur les 493 664 échantillons analysés dans l’Union européenne en 2024, tous animaux confondus, 0,13 % dépassaient une limite réglementaire. Le risque dans l’assiette est donc faible sans être nul, et il porte sur un échantillon de la production, pas sur chaque lot. Les deux autres enjeux, la diffusion des traitements dans le milieu autour des cages et l’apparition de résistances, ne se mesurent pas dans le filet.

Le cahier des charges biologique est le plus restrictif sur ce point, sans interdire pour autant les antiparasitaires : il en limite le nombre à deux par an, un seul pour les cycles de moins de dix-huit mois, et donne la priorité à la lutte biologique, notamment aux poissons nettoyeurs. Il proscrit tout traitement préventif de synthèse et double le délai d’attente propre à chaque médicament, avec un plancher de 48 heures quand le médicament n’en prévoit aucun. C’est le principal écart concret entre un poisson d’élevage bio et un poisson d’élevage conventionnel.

📌 Le poisson sauvage porte l’empreinte de son milieu Un poisson capturé en mer n’a reçu ni aliment formulé ni traitement, mais il porte l’empreinte de son milieu : contaminants accumulés au fil des années, teneur en oméga-3 très variable selon la saison et la zone, état de fraîcheur dépendant de la durée de pêche. Il pose aussi les questions propres à la pêche : état du stock exploité, captures accessoires, impact de l’engin sur les fonds. Chaque mode de production a ainsi ses propres zones d’incertitude.

Un documentaire sur les conditions d’élevage de plusieurs espèces aquacoles, pour voir à quoi ressemblent concrètement les densités et les installations décrites ici.
Traitements vétérinaires autorisés selon le label
TraitementStandard (UE)Label RougeBio (AB)ASC
Antibiotiquessur prescription, usage préventif collectif interditaucun usage préventif ; analyse de résidus avant récolte après traitementusage préventif interdit ; 2 traitements allopathiques par an au plus, 1 si cycle de moins d’un annombre de traitements plafonné ; antibiotiques critiques pour la médecine humaine interdits
Antiparasitairessur prescription vétérinaireplan de gestion des parasites validé par un vétérinaire2 par an au plus, 1 si cycle de moins de 18 mois ; poissons nettoyeurs à privilégiersuivi des poux par ferme, gestion par zone, usage limité
Vaccinationautoriséeobligatoire pour tous les jeunes saumonsautoriséeautorisée
Délai d’attentedélai légal du médicamentdélai légaldélai légal doublé, 48 h au minimumdélai légal

Les antiparasitaires restent autorisés sous tous les labels : l’écart porte sur le nombre de traitements, le recours à la lutte biologique et la durée d’attente avant la vente.

Source : Règlement (UE) 2019/6 ; règlement (CE) n° 710/2009 ; règlement (UE) 2018/848 ; INAO, cahier des charges LA 33/90 ; ASC, Salmon and Cod Standard v1.5 ; SeaChoice, analyse des certifications du saumon d’élevage, 2021

🍃 Conclusion La contamination chimique se pose dans les deux cas, et elle tient d’abord à l’espèce et à sa place dans la chaîne alimentaire.

Source : Sprague et al., Scientific Reports, 2016 ; Esaiassen et al., Applied Food Research, 2022 ; Anses, table Ciqual 2025 ; EFSA, rapport 2026 sur les résidus de médicaments vétérinaires, données 2024 ; règlement (UE) 2019/6 ; règlement (CE) n° 710/2009 ; règlement (UE) 2018/848 ; INAO, cahier des charges LA 33/90

Mercure et polluants dans le poisson : quels risques

Le mercure présent dans les océans se transforme en méthylmercure sous l’action de micro-organismes marins. Cette forme s’accumule dans les tissus des poissons et se concentre à chaque échelon de la chaîne alimentaire. Un prédateur qui se nourrit de poissons contaminés accumule le mercure de toutes ses proies, et cette accumulation se poursuit toute sa vie.

Deux facteurs déterminent donc la teneur d’un poisson : sa position dans la chaîne alimentaire et sa longévité. Un grand prédateur âgé concentre beaucoup plus qu’un petit poisson qui se nourrit de plancton et vit quelques années. Ni le mode de production ni le label n’y changent quoi que ce soit.

Les espèces les plus concernées par le méthylmercure
  • L’espadon, le marlin et le siki, grands prédateurs de haute mer à longue durée de vie.
  • Le requin, sous toutes ses dénominations commerciales.
  • La lamproie, qui cumule longévité et position de prédateur.
  • Les thons, avec de fortes variations selon l’espèce et la taille de l’individu.
  • Le brochet, la perche et l’anguille pour les poissons d’eau douce carnivores.

À l’inverse, les petits poissons gras situés bas dans la chaîne alimentaire, sardine, maquereau, anchois, hareng, présentent des teneurs faibles tout en apportant beaucoup d’oméga-3. Sur ces espèces, intérêt nutritionnel et faible contamination vont de pair.

📌 Les recommandations sanitaires ciblent des publics précis Les autorités sanitaires françaises recommandent de consommer du poisson deux fois par semaine, dont une portion de poisson gras, en variant les espèces et les lieux d’approvisionnement. Varier limite l’exposition à un contaminant donné. Des recommandations renforcées visent les femmes enceintes ou allaitantes et les jeunes enfants, à qui il est conseillé d’éviter les espèces les plus accumulatrices et de limiter certaines autres, le système nerveux en développement étant le plus sensible au méthylmercure.

Mercure total moyen de quelques espèces courantes

mg de mercure par kilo de chair

  • Requin fumé 0,707
  • Espadon 0,655
  • Thon 0,172
  • Cabillaud 0,059
  • Maquereau 0,059
  • Hareng 0,036
  • Saumon 0,029

Entre le requin fumé et le saumon, le rapport est de 1 à 24. La France ne publie pas ces teneurs espèce par espèce : l’Anses retient une moyenne de 0,13 mg/kg tous poissons confondus, quand la teneur maximale autorisée dans l’Union européenne atteint 1 mg/kg pour les grands prédateurs.

Source : BfR, avis n° 047/2023, mercure total dans les poissons, données 2017-2020 ; Anses, étude de l’alimentation totale 2 pour la moyenne française ; règlement (UE) 2023/915

Le mercure n’est pas le seul contaminant en cause. Les polychlorobiphényles, ou PCB, et les dioxines se fixent dans les graisses : ils concernent donc davantage les poissons gras, et particulièrement certaines espèces d’eau douce vivant dans des sédiments contaminés par des rejets industriels anciens. Des restrictions de consommation locales existent sur plusieurs cours d’eau français pour cette raison.

📌 Mercure, dioxines, PCB : effets et seuils de référence Le méthylmercure atteint le système nerveux, surtout celui du fœtus et du jeune enfant. L’EFSA fixe sa dose hebdomadaire tolérable à 1,3 µg par kilo de poids corporel, et estime que les gros consommateurs de poisson peuvent la dépasser jusqu’à six fois. Les dioxines et les PCB sont classés cancérogènes pour l’homme par le Centre international de recherche sur le cancer. En juin 2026, l’EFSA a divisé par trois leur dose tolérable, ramenée à 0,6 pg d’équivalent toxique par kilo et par semaine en raison de leurs effets sur la fertilité masculine, et l’alimentation européenne la dépasse déjà dans toutes les tranches d’âge.

Dioxines et PCB de type dioxine : espèces classées par teneur
EspèceTeneur (pg TEQ/g de chair)Relevé
Anguille6,98BfR, Allemagne, 2017-2020
Requin fumé2,87BfR, Allemagne, 2017-2020
Brème2,84BfR, Allemagne, 2017-2020
Truite1,64BfR, Allemagne, 2017-2020
Hareng1,35BfR, Allemagne, 2017-2020
Brochet1,11BfR, Allemagne, 2017-2020
Tous poissons confondus, moyenne française0,65Anses, étude de l’alimentation totale 2, 2011
Saumon d’élevage0,60Norvège, 2011, en baisse d’un tiers depuis 1999
Thon0,08BfR, Allemagne, 2017-2020
Cabillaud0,06BfR, Allemagne, 2017-2020

Le classement suit la teneur en graisse et le milieu de vie : les poissons gras d’eau douce arrivent en tête, les poissons maigres de mer en bas. L’anguille en contient plus de cent fois plus que le cabillaud.

Source : BfR, avis n° 043/2023, données 2017-2020 ; Anses, étude de l’alimentation totale 2, 2011 ; Nøstbakken et al., Environment International, 2015
Un documentaire consacré au poisson d’élevage et aux polluants qu’il peut concentrer, qui prolonge les mesures présentées dans cette partie.

🍃 Conclusion Le choix de l’espèce et la variété du panier pilotent l’exposition aux contaminants. L’intérêt nutritionnel se joue, lui, sur d’autres critères.

Source : Anses ; EFSA, avis sur le mercure 2012 et sur les dioxines et PCB-DL 2026 ; BfR, avis n° 047/2023 ; Anses, EAT 2 et EAT 3 ; BfR, avis n° 043/2023 ; Nøstbakken et al., 2015 ; règlement (UE) 2023/915

Poisson gras ou maigre : valeurs nutritionnelles

La distinction entre poisson gras et poisson maigre structure l’essentiel des différences nutritionnelles. Elle ne renvoie pas à une qualité, mais à la façon dont l’espèce stocke ses réserves : dans le muscle pour les poissons gras, dans le foie pour les poissons maigres.

Les poissons gras, saumon, maquereau, sardine, hareng, anchois, truite, apportent les acides gras oméga-3 à longue chaîne dont l’intérêt pour le système cardiovasculaire et le développement cérébral est établi. Ils constituent aussi l’une des rares sources alimentaires significatives de vitamine D.

Les poissons maigres, cabillaud, colin, merlan, sole, lieu, offrent un profil très différent : très peu de lipides, une densité protéique élevée, et un apport en iode et en sélénium. Ils n’apportent pratiquement pas d’oméga-3. Ils remplissent une autre fonction dans l’alimentation.

📌 La teneur en oméga-3 varie d’un filet à l’autre Chez un poisson sauvage, la teneur en acides gras varie avec la saison, la zone et l’état physiologique de l’animal : un hareng d’avant frai et un hareng d’après frai n’ont pas le même profil. Chez un poisson d’élevage, elle dépend directement de la formulation de l’aliment et de la part d’huile marine qu’il contient. Les tables de composition nutritionnelle donnent des valeurs moyennes ; elles ne décrivent pas un filet en particulier.

Sur les produits transformés, l’attention se déplace vers d’autres critères : la teneur en sel, souvent élevée dans le poisson fumé et les conserves, la part réelle de poisson dans un produit pané ou une préparation, et la nature de la matière grasse ajoutée. Un même poisson peut passer d’aliment recommandé à produit très salé selon la transformation qu’il a subie.

Valeurs nutritionnelles et mercure de 12 poissons crus
Poisson (cru)Lipides (g/100 g)EPA + DHA (g/100 g)Vitamine D (µg/100 g)Mercure moyen (mg/kg)
Saumon d’élevage12,41,504,90,029, tous modes confondus
Saumon sauvage9,21,44moins de 8,60,029, tous modes confondus
Bar d’élevage4,30,942,3n.d.
Bar sauvage1,90,413,7n.d.
Sardine9,23,1014,0n.d.
Maquereau13,52,476,40,059
Hareng11,71,7510,70,036
Thon albacore0,90,102,30,172, thons confondus
Espadon6,00,7412,50,655
Cabillaud0,60,18n.d.0,059
Merlu1,40,292,2n.d.
Lieu d’Alaska0,60,021,10,072

Le petit poisson gras offre le meilleur compromis : la sardine apporte deux fois plus d’oméga-3 que le saumon, quand l’espadon associe des oméga-3 modestes au mercure le plus élevé du tableau. Faute de série française par espèce, les teneurs en mercure viennent du contrôle allemand, qui ne couvre ni la sardine, ni le bar, ni le merlu.

Source : Anses, table de composition nutritionnelle Ciqual 2025 ; BfR, avis n° 047/2023, mercure total dans les poissons, données 2017-2020

🍃 Conclusion L’espèce et la transformation déterminent l’intérêt nutritionnel d’un poisson davantage que son mode de production. La disponibilité de ces espèces dépend, elle, de l’état des populations exploitées.

Source : Anses, table Ciqual 2025 ; BfR, avis n° 047/2023 ; avis de l’Anses relatifs à la consommation de poisson

Surpêche : quels poissons éviter aujourd’hui

Un stock est une population d’une espèce donnée dans une zone donnée. C’est l’unité de gestion de la pêche, et c’est à ce niveau que se juge la durabilité. Une même espèce peut être exploitée durablement dans une zone et surexploitée dans une autre : parler d’un poisson « à éviter » sans préciser la zone n’a donc guère de sens.

L’état des stocks est réévalué chaque année par les organismes scientifiques, dont l’Ifremer pour les stocks débarqués en France. En 2024, la moitié des volumes débarqués par la pêche française hexagonale provenait de populations exploitées durablement. Les diagnostics changent, dans les deux sens : certaines populations se rétablissent après des mesures de gestion contraignantes, d’autres se dégradent. Une liste figée dans le temps devient donc rapidement fausse, ce qui rend indispensable de vérifier l’avis de l’année en cours.

📌 Un stock effondré, un stock rétabli L’anguille européenne illustre le premier cas : l’espèce est classée en danger critique d’extinction et inscrite à l’annexe II de la CITES, avec un commerce international interdit depuis l’Union européenne. Le thon rouge de l’Atlantique illustre le second : après une période de surexploitation sévère et un dispositif de gestion strict assorti de quotas et de contrôles, le stock s’est rétabli et l’espèce est revenue à l’étal. Ces deux trajectoires montrent que l’état d’un stock n’est pas une caractéristique de l’espèce, mais le résultat d’une gestion.

État des stocks des poissons les plus consommés en France
EspèceStock principalÉtatÉvaluation
Thon listaotous océansbon état, pas de surpêcheISSF, janvier 2026
Thon albacoreocéan Indienreclassé en bon étatISSF, janvier 2026
Lieu d’Alaskamer de Béring orientalenon surexploité, pas de surpêcheNOAA Fisheries, 2026
Cabillaudmer de Barentsbiomasse sous le seuil de précaution, pêche trop intenseCIEM, juillet 2025
Cabillaudmer du NordeffondréIfremer, bilan 2025
Merlustock nord, de la mer du Nord au golfe de Gascognebon état, pêche au rendement durableCIEM, juin 2026
Maquereaunord-est Atlantiquesous le seuil critique ; baisse de 77 % des captures recommandée pour 2026CIEM, 2025
Lieu noirmer du Nord, ouest de l’Écossebiomasse sous le seuil de précaution, pêche trop intenseCIEM, 2025
HarengManche, mer du NordsurpêchéIfremer, bilan 2025
Sardinegolfe de GascognereconstituableIfremer, bilan 2025
Saumonélevage, Norvège et Écossesans objet : poisson d’élevage—

Le même cabillaud peut venir d’un stock effondré ou d’un stock simplement sous tension : sans la zone de capture, le nom de l’espèce ne dit rien de l’état de la ressource.

Source : Ifremer, bilan 2025 du statut des ressources halieutiques ; CIEM, avis 2025 et 2026 ; ISSF, Status of the World Fisheries for Tuna, janvier 2026 ; NOAA Fisheries, 2026
Les réflexes qui limitent la pression sur la ressource
  • Élargir le panier au-delà des quelques espèces vedettes, dont la demande concentre la pression.
  • Privilégier les poissons de petite taille et bas dans la chaîne alimentaire, plus prolifiques et moins contaminés.
  • Respecter la saisonnalité, en évitant les espèces en période de reproduction.
  • Refuser les individus manifestement sous la taille commerciale, qui n’ont pas eu l’occasion de se reproduire.
  • Consulter l’avis de l’année en cours plutôt qu’une liste mémorisée.

🍃 Conclusion La ressource se préserve d’abord par la diversité de ce que vous achetez. La manière dont le poisson a été capturé pèse, elle aussi, sur le milieu.

Source : Ifremer, bilan 2025 ; CIEM, avis 2025 et 2026 ; ISSF, janvier 2026 ; NOAA Fisheries ; CITES ; politique commune de la pêche

Techniques de pêche : quel impact sur l’environnement

Deux poissons issus du même stock n’ont pas le même bilan selon l’engin qui les a capturés. On distingue les arts traînants, tirés par le navire, comme les chaluts et les dragues, et les arts dormants, posés puis relevés, comme les filets fixes, les palangres, les lignes et les casiers. Sur un poisson non transformé, l’étiquette en indique obligatoirement la catégorie.

Les arts traînants sont les plus productifs, et ceux dont l’impact sur les fonds est le mieux documenté. Une analyse mondiale publiée en 2017 l’a chiffré : un passage de chalut de fond à panneaux retire en moyenne 6 % de la faune vivant sur le fond, une drague hydraulique 41 %. Il faut ensuite entre 1,9 et 6,4 ans en médiane pour que ces communautés passent de la moitié à 95 % de leur biomasse d’origine. Le chalut pélagique, qui travaille en pleine eau, ne touche pas le fond.

L’autre enjeu tient aux prises accessoires, ces animaux capturés sans être visés. À l’échelle mondiale, 9,1 millions de tonnes de poissons sont rejetées chaque année, soit 10,8 % des captures, et les chaluts en produisent la plus grande part. Dans l’Union européenne, l’obligation de débarquement impose désormais de ramener à terre les captures d’espèces soumises à quotas plutôt que de les rejeter à la mer.

Un reportage sur la pêche industrielle, utile pour visualiser l’échelle des navires et des engins décrits dans cette partie.

Les arts dormants sont plus sélectifs et n’abîment guère les fonds, mais ils ne sont pas neutres. Les filets fixes capturent des mammifères marins : dans le golfe de Gascogne, les captures accidentelles de dauphins ont conduit à fermer la pêche un mois chaque hiver depuis 2024 aux navires de 8 mètres et plus équipés de filets ou de chaluts pélagiques. Selon l’observatoire Pelagis, ces fermetures ont réduit les captures d’environ 60 %. Les palangres, elles, capturent oiseaux marins, tortues et requins.

La senne tournante pose un cas particulier. Les thoniers déploient des dispositifs de concentration de poissons, radeaux flottants qui dérivent au large et sous lesquels les bancs viennent se rassembler spontanément. La capture y est beaucoup plus efficace que sur un banc libre, mais elle ramène aussi des thons juvéniles et des requins.

Flottilles des navires français ayant vendu en halle à marée (2023)
  • Chalutiers 26,8 %
  • Fileyeurs 22,9 %
  • Dragueurs 11 %
  • Caseyeurs 8,8 %
  • Tamiseurs de civelles 5,8 %
  • Métiers de l’hameçon 5 %
  • Senneurs, métiers côtiers et flottille non renseignée 19,7 %

Un navire sur quatre est un chalutier, mais la flotte reste dominée en nombre par les engins fixes et la drague. Ces parts comptent des navires, pas des volumes débarqués : un chalutier hauturier ramène bien plus qu’un caseyeur côtier.

Source : FranceAgriMer, Chiffres-clés des filières pêche et aquaculture en France en 2024, données 2023, 2 762 navires répartis par flottille
Engins de pêche : rendement, impact et prises accessoires
EnginPrincipeRendementImpact sur les fondsPrises accessoires
Chalut de fondfilet traîné sur le fondélevéfort : 6 % de la faune du fond retirée par passageélevées : premier poste des rejets mondiaux
Chalut pélagiquefilet traîné en pleine eautrès élevéfaible : pas de contact avec le fondcaptures de dauphins
Draguearmature traînée sur le fondélevétrès fort : jusqu’à 41 % pour une drague hydrauliquefaune du fond remontée avec la cible
Senne tournantefilet refermé autour d’un banctrès élevéfaiblefaibles sur banc libre, plus fortes sous les radeaux flottants qui attirent les bancs
Filet maillant, trémailfilet fixe verticalmoyenfaiblemammifères et oiseaux marins
Palangreligne portant de nombreux hameçonsmoyenfaibleoiseaux marins, tortues, requins
Ligne, canneun ou quelques hameçonsfaiblenultrès faibles, poissons relâchés vivants
Casierpiège posé sur le fondfaiblefaiblefaibles, prises relâchées vivantes

Plus un engin est productif, plus son impact tient à ce qu’il touche en plus de sa cible : le fond pour les arts traînants, les espèces protégées pour certains engins fixes.

Source : Hiddink et al., PNAS, 2017 ; Gilman et al., Scientific Reports, 2020 ; observatoire Pelagis ; ISSF ; FAO

📌 La mention d’engin sur l’étiquette reste une catégorie large L’étiquette ne précise pas l’engin exact mais sa famille : chaluts, sennes, filets maillants, lignes et hameçons, dragues, casiers et pièges. La mention « chaluts » ne distingue donc pas un chalut de fond d’un chalut pélagique, ni « lignes et hameçons » une palangre industrielle d’une ligne à main. Elle suffit pourtant, au rayon, à écarter ou à préférer une famille d’engins.

🍃 Conclusion L’engin pèse autant que l’espèce dans l’empreinte d’un poisson sauvage. Ce bilan se complète par les émissions de toute la filière et par le prix payé à l’étal.

Source : Hiddink et al., PNAS, 2017 ; Gilman et al., Scientific Reports, 2020 ; observatoire Pelagis ; FranceAgriMer, données 2023 ; ISSF ; règlement (UE) n° 1379/2013 ; règlement (UE) n° 1380/2013

Impact environnemental et prix du poisson

Comparée aux viandes terrestres, la production de poisson présente un avantage physiologique réel : un animal aquatique à sang froid, porté par l’eau, dépense peu d’énergie à se maintenir et à se déplacer. Il convertit son alimentation en masse corporelle avec une efficacité supérieure à celle des animaux terrestres, ce qui limite les ressources mobilisées par kilo produit.

Cet avantage ne s’applique pas uniformément. Pour la pêche, l’empreinte dépend surtout du carburant consommé par unité capturée : un chalut lourd traîné en haute mer et une pêche côtière au casier n’ont pas le même bilan, à espèce identique. Pour l’élevage, elle dépend de la composition de l’aliment, de la gestion des rejets azotés et de la localisation de la ferme.

Empreinte carbone du saumon d’élevage cru, par étape
  • Élevage 74,9 %
  • Transport 15,4 %
  • Emballage 8,4 %
  • Distribution 0,7 %
  • Transformation 0,5 %
  • Consommation 0,1 %

L’élevage concentre les trois quarts des 5,56 kg de CO₂ équivalent par kilo de saumon cru, pour l’essentiel via la production de l’aliment. Les gestes du consommateur pèsent 0,1 %.

Source : ADEME, Agribalyse 3.2, mise à jour janvier 2025

Le transport pèse moins qu’on ne l’imagine dans le bilan d’un poisson acheminé par bateau, mais il devient déterminant pour un produit transporté par avion pour être vendu ultrafrais. C’est l’un des rares cas où le mode d’acheminement change l’ordre de grandeur du résultat.

📌 Ce que vous payez dans un poisson labellisé Un écart de prix entre un poisson labellisé et son équivalent courant recouvre des postes identifiables : durée d’élevage plus longue, densité plus faible et donc moins de poissons par volume d’eau, aliment de meilleure qualité ou certifié, contrôles externes, et volumes plus réduits qui ne permettent pas les mêmes économies d’échelle. Sur un poisson sauvage certifié, il finance principalement l’audit de la pêcherie et la traçabilité de la chaîne. Ces coûts sont réels, sans garantir pour autant une différence perceptible dans l’assiette.

Pour le budget, la forme d’achat pèse plus lourd que le label ou l’espèce. Un poisson entier à préparer soi-même, une conserve de petit pélagique et un filet portionné surgelé se situent sur des niveaux de prix au kilo très éloignés, pour un intérêt nutritionnel comparable.

Quelques prix relevés, de la criée au rayon
ProduitStadePériodePrix (€/kg)
Saumon fumégrande surface202340,40
Lieu noir frais découpégrande surface202312,09
Saumon frais ou surgelé importéimportaoût 20257,53
Coquille Saint-Jacques fraîche entièregrande surfacecampagne 2022-20235,42
Moule de bouchot fraîchegrande surface20224,99
Maquereau importéimportaoût 20254,30
Sardinecriéeseptembre 20250,76

Entre la criée et le rayon, le prix d’un poisson est multiplié par plusieurs fois : la sardine payée 76 centimes au pêcheur et le saumon fumé à 40 € ne se comparent pas au même stade. Ces prix ne sont pas publiés par label.

Source : FranceAgriMer, observatoire de la formation des prix et des marges, édition 2024 ; FranceAgriMer, note de conjoncture Pêche et aquaculture, octobre 2025

🍃 Conclusion Ces arbitrages n’ont de sens que rapportés à votre usage réel, ce qui suppose une méthode de choix utilisable devant l’étal.

Source : ADEME, Agribalyse 3.2, 2025 ; FranceAgriMer, observatoire de la formation des prix et des marges, 2024 ; FranceAgriMer, note de conjoncture, octobre 2025 ; Ifremer

Comment choisir son poisson : repères et conseils

Bien choisir un poisson suppose de traiter séparément quatre questions qui n’ont pas les mêmes réponses : la fraîcheur, la ressource, la contamination et l’intérêt nutritionnel. Un poisson excellent sur l’une peut être médiocre sur une autre.

Les repères de fraîcheur sur un poisson entier
  • L’œil bombé, noir et brillant, et non creusé ni voilé.
  • Les branchies rouge vif et humides, sans mucus épais.
  • La chair ferme et élastique, qui ne garde pas l’empreinte du doigt.
  • Les écailles adhérentes et le corps brillant, sans aspect terne.
  • Une odeur marine et discrète, jamais ammoniaquée.
Ce que chaque repère garantit, et ce qu’il ne garantit pas
RepèreCe qu’il garantitCe qu’il ne garantit pas
Label Rougequalité gustative testée, conditions d’élevage encadréesni l’état des stocks, ni l’empreinte environnementale
Bio (AB)densité limitée, aliment certifié, traitements très restreintsne s’applique pas au poisson sauvage
MSCévaluation du stock et de la gestion de la pêcherieni le goût, ni la teneur en contaminants
ASCrejets, traitements et conditions de travail de la fermeni le niveau d’exigence du bio, ni le goût
Pavillon Franceorigine française et traçabilité de la filièreni l’état du stock, ni la qualité gustative
Nom scientifiqueidentification exacte de l’espèce vendueni la zone, ni le mode de production
Zone de captureprovenance géographique du poissonl’état de la population dont il provient
Engin de pêchetype de technique employée et impact sur les fondsni la fraîcheur, ni l’état du stock

Chaque ligne couvre un ou deux des quatre enjeux, jamais les quatre : un choix cohérent se construit en croisant deux ou trois repères.

Source : INAO ; référentiels MSC et ASC ; règlement (UE) n° 1379/2013

Infos poisson : la fiche de chaque espèce

Prix constatés, teneurs en polluants, valeurs nutritionnelles, consommation hebdomadaire recommandée et état des stocks, espèce par espèce.

Teneurs en contaminants et en nutriments de 48 poissons courants, pour 100 g de chair crue. Les colonnes « max. » donnent la quantité qu'il ne faut pas dépasser chaque semaine pour rester sous la dose tolérable, calculée selon votre poids ; en rouge, moins d'une portion de 150 g. L'icône à côté de chaque nom donne les sources ; un triangle rouge signale une mise en garde qui change la lecture des chiffres. Cliquez sur un en-tête pour trier.

Approvisionnement
Anchois

Nutrition : Ciqual 26079. Contaminants : CALIPSO.

Pêche
2> 2 0000,895507718018,61,481,417,2250
Anguille

Espèce en danger critique ; contaminants sur un seul échantillon.

Nutrition : Ciqual 27016. Contaminants : CALIPSO.

Pêche
31,5160225,7< 108 830< 1016,11,371,171,7300
Bar (loup)

Contaminants : moyenne pêche et élevage confondus.

Existe aussi en Label Rouge et bio.

Nutrition : Ciqual 26206. Contaminants : CALIPSO.

Élevage
14,93303,781303864021,40,980,943,6370
Bar (loup)

Contaminants : moyenne pêche et élevage confondus.

Nutrition : Ciqual 26205. Contaminants : CALIPSO.

Pêche
14,93303,781303864020,10,420,415,6850
Brochet

Prédateur : à limiter pour les femmes enceintes et les jeunes enfants (Anses).

Nutrition : Ciqual 27011. Contaminants : pas de donnée française publiée.

Pêche
——————18,80,120,113,6> 2 000
Cabillaud

Nutrition : Ciqual 26043. Contaminants : CALIPSO.

Pêche
5,98300,12> 2 000141 02018,10,180,1860,31 940
Carpe

La carpe de rivière accumule les PCB : 2 fois par mois au plus (Anses).

Nutrition : Ciqual 27003. Contaminants : pas de donnée française publiée.

Élevage
——————17,70,250,120,5> 2 000
Colin d'Alaska

Base de la plupart des panés et surimis.

Nutrition : Ciqual 26006. Contaminants : pas de donnée française publiée.

Pêche
——————16,30,020,025,9> 2 000
Daurade royale

Contaminants : moyenne pêche et élevage confondus.

Existe aussi en Label Rouge et bio.

Nutrition : Ciqual 26088. Contaminants : CALIPSO.

Élevage
9,85002,691802585020,90,910,872,7400
Daurade royale

Contaminants : moyenne pêche et élevage confondus.

Nutrition : Ciqual 26080. Contaminants : CALIPSO.

Pêche
9,85002,691802585018,10,180,162,2> 2 000
Églefin (haddock)

Nutrition : Ciqual 26122. Contaminants : CALIPSO.

Pêche
10,24800,271 7902849017,30,140,1441,8> 2 000
Empereur

Poisson profond, prédateur.

Nutrition : Ciqual 26241. Contaminants : CALIPSO.

Pêche
57,4905,64907022015————
Espadon

Déconseillé aux femmes enceintes et aux jeunes enfants (Anses).

Nutrition : Ciqual 26082. Contaminants : CALIPSO.

Pêche
94,4500,421 1605227018,90,770,7426,6470
Flétan

Nutrition : Ciqual 26009. Contaminants : CALIPSO.

Pêche
8,26001,53302276021,20,450,413,5850
Grenadier

Poisson profond, prédateur.

Nutrition : Ciqual 26128. Contaminants : CALIPSO.

Pêche
11,24400,281 7301783015,40,170,1724,4> 2 000
Grondin

Nutrition : Ciqual 26106. Contaminants : CALIPSO.

Pêche
14,33401,333701609019————
Hareng

Contaminants mesurés sur hareng fumé.

Nutrition : Ciqual 26011. Contaminants : CALIPSO (produit fumé).

Pêche
3,71 3200,59907818017,71,91,757,9200
Julienne (lingue)

Nutrition : Ciqual 26130. Contaminants : CALIPSO.

Pêche
30,51600,17> 2 0001592019,20,130,13—> 2 000
Lieu jaune

Nutrition : Ciqual 26129. Contaminants : CALIPSO.

Pêche
8,35900,331 5002556017,70,060,0631> 2 000
Lieu noir (colin)

Nutrition : Ciqual 26134. Contaminants : CALIPSO.

Pêche
4,11 2000,11> 2 000121 16018,80,230,2330,81 530
Limande

Nutrition : Ciqual 26057. Contaminants : CALIPSO.

Pêche
9,85000,261 8805525018,30,20,275,51 720
Lotte (baudroie)

Nutrition : Ciqual 26018. Contaminants : CALIPSO.

Pêche
13,13700,17> 2 000111 28015,10,180,1712,7> 2 000
Maquereau

Nutrition : Ciqual 26051. Contaminants : CALIPSO.

Pêche
7,26803,451402805018,12,592,4710,4140
Merlan

Nutrition : Ciqual 26095. Contaminants : CALIPSO.

Pêche
172900,431 1502949018,80,190,1969,31 880
Merlu

Nutrition : Ciqual 26044. Contaminants : CALIPSO.

Pêche
15,73100,341 4603047017,60,290,2916,21 230
Panga

Nutrition : Ciqual 27017. Contaminants : pas de donnée française publiée.

Élevage
——————13,50,020,020,3> 2 000
Plie (carrelet)

Nutrition : Ciqual 26055. Contaminants : CALIPSO.

Pêche
5,98300,6576077180200,170,1719,7> 2 000
Raie

Nutrition : Ciqual 26052. Contaminants : CALIPSO.

Pêche
9,75100,15> 2 0002265021,40,120,1240,7> 2 000
Rascasse

Nutrition : Ciqual 26063. Contaminants : CALIPSO.

Pêche
19,62501,63102206018,90,40,4—880
Rouget barbet

Nutrition : Ciqual 26085. Contaminants : CALIPSO.

Pêche
133801,882602615018,41,641,6237,4220
Roussette (saumonette)

Petit requin ; les requins sont déconseillés aux femmes enceintes (Anses).

Nutrition : Ciqual 26074. Contaminants : CALIPSO.

Pêche
23,22100,24> 2 000101 37023,30,10,130,8> 2 000
Sabre

Poisson profond, prédateur.

Nutrition : Ciqual 26153. Contaminants : Afssa 2006 (mercure).

Pêche
41,1120————18————
Saint-pierre

Nutrition : Ciqual 26104. Contaminants : CALIPSO.

Pêche
9,25300,68205028019,90,190,19—1 840
Sandre

Nutrition : Ciqual 27024. Contaminants : pas de donnée française publiée.

Pêche
——————18,30,360,354,81 010
Sardine

Nutrition : Ciqual 26065. Contaminants : CALIPSO.

Pêche
9,949011,7401 0571019,53,483,129110
Sardine en conserve à l'huile d'olive

Égouttée.

Nutrition : Ciqual 26040. Contaminants : CALIPSO (conserve).

Pêche
2,3> 2 0003,551403874023,31,861,772,2200
Saumon atlantique

Existe aussi en Label Rouge et bio.

Nutrition : Ciqual 26036. Contaminants : EAT3 (mercure), CALIPSO.

Élevage
2,1> 2 0001,453401828020,51,821,51,6230
Saumon atlantique bio

Mercure mesuré par l'EAT3 sur peu d'échantillons ; nutrition du saumon d'élevage standard.

Nutrition : Ciqual 26036. Contaminants : EAT3.

Élevage
6,1800————20,51,821,51,6230
Saumon sauvage

Nutrition : Ciqual 26161. Contaminants : pas de donnée française publiée.

Pêche
——————21—1,44—240
Sole

Nutrition : Ciqual 26058. Contaminants : CALIPSO.

Pêche
12,63900,491 00021680180,10,12,4> 2 000
Tacaud

Nutrition : Ciqual 26133. Contaminants : CALIPSO.

Pêche
15,83100,19> 2 0002361019,70,140,14120> 2 000
Thon albacore (frais)

Mercure : moyenne de tous les thons contrôlés.

Nutrition : Ciqual 26064. Contaminants : Afssa 2006 (mercure).

Pêche
37130————250,10,117> 2 000
Thon en conserve au naturel

Égoutté.

Nutrition : Ciqual 26039. Contaminants : CALIPSO (conserve).

Pêche
212300,15> 2 00091 61026,81,081,0730,9330
Thon rouge

Nutrition : Ciqual 26069. Contaminants : CALIPSO.

Pêche
331500,391 2603936023,3—1,17—300
Tilapia

Nutrition : Ciqual 27019. Contaminants : pas de donnée française publiée.

Élevage
——————18,10,110,080,5> 2 000
Truite arc-en-ciel

Existe aussi en Label Rouge et bio.

Nutrition : Ciqual 27009. Contaminants : pas de donnée française publiée.

Élevage
——————190,90,832,3420
Turbot

Nutrition : Ciqual 26201. Contaminants : pas de donnée française publiée.

Élevage
——————18,30,480,463,4760
Turbot

Nutrition : Ciqual 26042. Contaminants : pas de donnée française publiée.

Pêche
——————17,2————

Comment lire les quantités maximales. Elles supposent que ce poisson est la seule source du contaminant dans votre alimentation : ce sont des plafonds, pas des objectifs. Ce ne sont pas des seuils légaux : la loi fixe des teneurs maximales à la vente (règlement (UE) 2023/915 : 0,5 mg/kg de mercure, 1 mg/kg pour les grands prédateurs ; 6,5 pg TEQ/g de dioxines et PCB-DL, 10 pour l'anguille). Pour le mercure, l'Anses retient depuis l'EAT3 une valeur deux fois plus stricte que celle de l'EFSA ; elle constate que 4 % des adultes et 7 % des enfants la dépassent, essentiellement via le poisson.

Repères de l'Anses. Deux portions de poisson par semaine, dont une de poisson gras, en variant les espèces et les lieux d'approvisionnement. Femmes enceintes ou allaitantes et enfants de moins de 3 ans : éviter espadon, marlin, siki, requin et lamproie, et limiter les autres prédateurs sauvages (lotte, bar, bonite, anguille, empereur, grenadier, flétan, brochet, daurade, raie, sabre, thon).

Label Rouge et bio. Ciqual ne distingue pas ces labels. La seule mesure publiée est celle de l'EAT3 : sur un petit nombre d'échantillons, le saumon bio contenait trois fois plus de méthylmercure que le conventionnel (61 contre 21 µg/kg), une piste liée à une alimentation plus riche en poisson, que l'Anses juge à confirmer.

Limites. Les teneurs en contaminants de CALIPSO portent sur des échantillons composites achetés en 2004-2005 sur quatre sites côtiers ; les PCB et dioxines ont baissé depuis dans l'alimentation. Sans mesure française publiée pour une espèce, la case reste vide plutôt que d'être estimée. Les oméga-3 additionnent ALA, EPA et DHA, seuls détaillés par Ciqual.

Sources.

  • Nutrition : table de composition Ciqual, Anses (code de l'aliment indiqué sur chaque ligne).
  • Contaminants : étude CALIPSO, Afssa/Inra (2006), tableaux 21, 23, 25 et 27 ; EAT3, Anses (2025), pour le saumon ; plans de surveillance cités dans l'avis Afssa 2006-SA-0003 pour le mercure des thons et du sabre.
  • Valeurs de référence : méthylmercure 0,1 µg/kg de poids corporel par jour (Anses, EAT3) ; PCB indicateurs 10 ng/kg/j (Afssa 2007) ; dioxines et PCB-DL 2 pg TEQ/kg/semaine (EFSA 2018).
  • Besoins : EPA + DHA 500 mg/j (Afssa 2010).
Quel choix selon votre profil
Budget serré
Misez sur les petits poissons gras en conserve ou entiers, sardine, maquereau, hareng : le meilleur apport en oméga-3 par euro, avec de faibles teneurs en mercure.
Femme enceinte ou jeune enfant
Écartez les grands prédateurs, espadon, marlin, requin, siki, limitez le thon, et privilégiez les petites espèces en variant les origines.
Priorité à la ressource
Élargissez votre panier aux espèces peu demandées, vérifiez la zone et l’engin sur l’étiquette, et fiez-vous au diagnostic de l’année en cours plutôt qu’à une liste mémorisée.
Priorité au goût
Le Label Rouge est le seul repère construit sur des tests sensoriels, mais un poisson très frais d’une espèce courante le concurrence sans difficulté.
Priorité aux conditions d’élevage
Le bio reste le cahier des charges le plus restrictif sur la densité et les traitements ; l’ASC constitue un repère intermédiaire quand l’offre bio manque.

🍃 Conclusion Varier les espèces, les origines et les circuits agit en même temps sur les trois : les contaminants, le budget et la ressource. Les logos, eux, traitent un enjeu à la fois.

Source : Synthèse des parties précédentes

💬 Questions fréquentes

Le saumon d’élevage est-il moins bon que le saumon sauvage ?

Non, mais ils ne se comparent pas sur les mêmes critères. Le saumon d’élevage offre une composition maîtrisée et une traçabilité complète, sa teneur en oméga-3 dépendant directement de son aliment. Le sauvage échappe aux traitements d’élevage mais présente une composition variable et pose la question de l’état du stock exploité.

Quels poissons contiennent le plus de mercure ?

Les grands prédateurs à longue durée de vie : espadon, marlin, requin, siki, lamproie, ainsi que les thons selon l’espèce et la taille. Le mercure se concentre à chaque échelon de la chaîne alimentaire et s’accumule tout au long de la vie de l’animal. Les petits poissons gras comme la sardine ou l’anchois en contiennent très peu.

La cuisson élimine-t-elle le mercure du poisson ?

Non. Le méthylmercure est lié aux protéines du muscle et aucun mode de cuisson ne le réduit. Seul le choix de l’espèce et la variation des origines limitent l’exposition. Les PCB, eux, se fixent dans les graisses et la peau, et le mode de préparation a une influence sur eux.

« Poisson bio » et « poisson MSC », est-ce la même chose ?

Ce sont deux démarches distinctes, qui ne peuvent pas coexister sur un même produit. Le bio est un signe officiel qui encadre l’élevage : densité, aliment, traitements. Le MSC est une certification privée qui évalue une pêcherie sauvage. Un poisson sauvage ne peut pas être bio, et un poisson d’élevage ne peut pas être MSC.

Combien de fois par semaine peut-on manger du poisson ?

Les autorités sanitaires françaises recommandent deux portions par semaine, dont une de poisson gras, en variant les espèces et les lieux d’approvisionnement. Cette variation limite l’exposition à un contaminant donné. Des recommandations renforcées s’appliquent aux femmes enceintes ou allaitantes et aux jeunes enfants.

Le poisson surgelé est-il moins bon que le frais ?

Le surgelé rivalise avec le frais, et le dépasse parfois. La surgélation à bord intervient parfois quelques heures après la capture, quand un poisson vendu frais peut avoir plusieurs jours. Les qualités nutritionnelles sont bien préservées. La différence se joue surtout sur la texture et sur le prix au kilo.

Comment savoir si un poisson vient d’une zone surexploitée ?

L’étiquette indique obligatoirement la zone de capture et la catégorie d’engin de pêche, mais pas l’état du stock. Il faut croiser cette information avec le diagnostic annuel publié par les organismes scientifiques, dont l’Ifremer pour les stocks débarqués en France, car ces évaluations évoluent d’une année sur l’autre.

Faut-il éviter le thon rouge ?

La réponse a changé. Après une période de surexploitation sévère, le stock de thon rouge de l’Atlantique s’est rétabli sous un dispositif de quotas et de contrôles strict, et l’espèce est revenue à l’étal. La question qui subsiste porte sur sa teneur en mercure, élevée comme chez tous les grands prédateurs.

📚 Sources

  1. Règlement (UE) n° 1379/2013 du Parlement européen et du Conseil portant organisation commune des marchés dans le secteur des produits de la pêche et de l’aquaculture.
  2. Règlement (UE) n° 1169/2011 concernant l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires.
  3. Règlement (UE) 2018/848 relatif à la production biologique et à l’étiquetage des produits biologiques.
  4. Règlement (CE) n° 1881/2006 portant fixation de teneurs maximales pour certains contaminants dans les denrées alimentaires, et ses modifications ultérieures.
  5. INAO — cahier des charges du Label Rouge LA 33/90 « Saumon frais », version d’octobre 2023.
  6. Anses — avis relatifs à la consommation de poissons et à l’exposition au méthylmercure, aux PCB et aux dioxines.
  7. Anses — table de composition nutritionnelle des aliments Ciqual 2025, consultée en septembre 2026.
  8. Ifremer — Bilan 2025 du statut des ressources halieutiques débarquées par la pêche française en 2024, publié en mars 2026.
  9. Conseil international pour l’exploration de la mer (CIEM) — avis 2025 sur le maquereau du nord-est Atlantique, le cabillaud du nord-est Arctique et le lieu noir de mer du Nord ; avis 2026 sur le merlu, stock nord.
  10. Marine Stewardship Council — référentiel de certification des pêcheries.
  11. Aquaculture Stewardship Council — Salmon and Cod Standard v1.5, octobre 2025.
  12. CITES — annexe II, inscription de l’anguille européenne (Anguilla anguilla).
  13. France Filière Pêche — cahier des charges de la marque Pavillon France.
  14. ADEME / Agribalyse — données d’impact environnemental des produits aquatiques.
  15. FAO, The State of World Fisheries and Aquaculture 2026, publié le 16 juin 2026, données 2024. Consulté en septembre 2026.
  16. FranceAgriMer, Chiffres-clés des filières pêche et aquaculture en France en 2024, édition septembre 2025, données 2023. Consulté en septembre 2026.
  17. Règlement (CE) n° 710/2009 de la Commission relatif à la production biologique d’animaux et d’algues marines d’aquaculture.
  18. Règlement (UE) 2019/6 relatif aux médicaments vétérinaires.
  19. Règlement (UE) n° 1380/2013 relatif à la politique commune de la pêche.
  20. Sprague M., Dick J. R., Tocher D. R., « Impact of sustainable feeds on omega-3 long-chain fatty acid levels in farmed Atlantic salmon, 2006-2015 », Scientific Reports, 2016.
  21. BfR — avis n° 047/2023, teneurs en mercure dans les poissons, données 2017-2020 du contrôle officiel allemand.
  22. EFSA — avis scientifique sur le mercure et le méthylmercure dans les aliments, 2012.
  23. EFSA — mise à jour de l’évaluation des risques liés aux dioxines et PCB de type dioxine, 10 juin 2026.
  24. Nøstbakken O. J. et al., « Contaminant levels in Norwegian farmed Atlantic salmon in the 13-year period from 1999 to 2011 », Environment International, 2015.
  25. Anses — avis 2012-SA-0202 sur la consommation de poissons d’eau douce fortement bioaccumulateurs de PCB.
  26. ISSF — Status of the World Fisheries for Tuna, janvier 2026.
  27. NOAA Fisheries — fiche Alaska pollock, mise à jour en août 2026.
  28. Hiddink J. G. et al., « Global analysis of depletion and recovery of seabed biota after bottom trawling disturbance », PNAS, 2017.
  29. Gilman E. et al., « Benchmarking global fisheries discards », Scientific Reports, 2020.
  30. Observatoire Pelagis — bilan des captures accidentelles de dauphins dans le golfe de Gascogne, cité lors de l’annonce de la fermeture 2027, septembre 2026.
  31. SeaChoice — How do farmed salmon certifications stack up? Full analysis, 2021.
  32. Esaiassen M. et al., « Nutritional value and storage stability in commercially produced organically and conventionally farmed Atlantic salmon (Salmo salar L.) in Norway », Applied Food Research, 2022.
  33. EFSA — rapport annuel sur les résidus de médicaments vétérinaires dans les denrées animales, publié le 10 février 2026, données 2024.
  34. BfR — avis n° 043/2023, exposition aux PCDD/F et PCB de type dioxine par la consommation de différentes espèces de poisson, données 2017-2020.
  35. Anses — étude de l’alimentation totale française 2 (EAT 2), 2011.
  36. ADEME — base Agribalyse 3.2, empreinte carbone du saumon d’élevage par étape, mise à jour janvier 2025.
  37. FranceAgriMer — observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires, section produits de la pêche et de l’aquaculture, édition 2024.
  38. FranceAgriMer — note de conjoncture mensuelle Pêche et aquaculture, octobre 2025.
  39. Anses — troisième étude de l’alimentation totale (EAT 3), premiers résultats publiés en février 2026, exposition présentée par groupe d’aliments et non par espèce.
  40. Sénat — réponse à la question écrite n° 05634, 2 avril 2026, citant l’estimation de l’Anses de 0,13 mg/kg de mercure dans le poisson, tous poissons confondus.

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